5 SEPTEMBRE 1811 : NAPOLÉON PREND UN GRAND SOIN À L’ÉQUIPEMENT DE SES SOLDATS

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5 SEPTEMBRE 1811 : NAPOLÉON PREND UN GRAND SOIN À L'ÉQUIPEMENT DE SES SOLDATS

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Settembre 5, 2022    
12:00 am

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Notons les préoccupations de Napoléon et admirons la précision de ses questions, nettes, et concises.

Et cette phrase qui pourrait être dite actuellement: Donner des ordres est la moindre chose, ce qui importe, c’est d’en assurer l’exécution

• Compiègne, 5 septembre 1811. Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l’administrationde la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac,

j’ai reçu votre lettre du 31 août relative aux ordres que vous avez donnés pour l’habillement du régiment de l’île de ; les états ne prouvent pas ce qui est dît dans le résumé.

L’état n° 1 porte que 7,000 habits doivent avoir été envoyés à l’île de . On voit bien que les ordres ont étédonnés, mais on ne voit pas que ces effets soient partis. On ne voit pas d’où ont été expédiés les effets qui ont partir du 2 février au 25 août. On a donné, par exemple, le 14 juin, l’ordre de faire partir 900 habits, 900 vestes, etc, mais d’où ont-ils été expédiés ? Quand sont-ils partis, et en combien de jours ont-ils arriver ? Donner des ordres est la moindre chose, ce qui importe, c’est d’en assurer l’exécution.

L’état n° 2 est plus précis. J’y vois que 3,500 bonnets de fusils sont partis. Les époques de quelques-unes de ces expéditions sont déterminées: 8,000 culottes, 3,000 vestes sont parties de Paris le 1er et le 3 août; pourquoi ne sont-elles pas encore arrivées ?

État n° 3, je vois que 800 habits destinés au 29e d’infanterie légère ont être confectionnés par les soins de l’ordonnateur de l’administration militaire; mais comment veut-on que l’ordonnateur fasse pour faire confectionner des habits ? N’était-il pas plus simple d’en charger le conseil d’administration ou de les faire confectionner à Bordeaux, il existe un grand atelier ? Et comment croire que l’ordonnateur ne manquerade rien dans tous les détails d’une confection ? Rien n’est moins satisfaisant que ce tableau. Avec de pareillesindications, je ne puis rien faire suivre; et, si l’on n’a pas d’autres renseignements dans vos bureaux, je ne suis pas étonné que mes troupes ne soient point habillées. Le fait est que le 28 août ce dépôt était dans le plus pitoyable état. Si vous m’aviez envoyé des rapports que je pusse faire vérifier, j’aurais envoyé sur les lieuxun officier d’ordonnance. Mais avec des états si obscurs que voulez-vous qu’on fasse ?

Le régiment de la Méditerranée, en Corse, est tout nu; à Wesel, les hommes sont déjà arrivés, et pas un habit, pas une chemise, pas une paire de souliers. Cependant je vous avais dit de faire un envoi direct de Paris. Celainflue beaucoup sur mon service, parce que, si ces conscrits attendent à Wesel, ils déserteront.

Donnez-moi des états précis sur l’exécution des ordres pour Wesel et Strasbourg; que je sache la quantitéd’effets expédiés, le lieu et le jour du départ, et la route qu’on leur a fait prendre, afin que je puisse faire fairemême une vérification des chemises. Je crains toujours que le bureau de l’habillement ne soit pas en des mains assez fortes, et que dans ce bureau beaucoup de choses ne s’embrouillent.

Un ordonnateur a toujours moins de moyens qu’un corps pour faire confectionner, parce que, indépendamment du nombre des agents qu’un conseil d’administration a à sa disposition pour surveiller uneconfection (agents qui ne coûtent rien), ce conseil a des ouvriers plus ou moins habiles, de sorte que le prix qui peut suffire à un conseil d’administration ne peut suffire à un ordonnateur. Celui-ci doit tout surveiller, mais non pas faire; car il est seul, sans agent pour le seconder. Dans une armée même on ne peut pas dire qu’un ordonnateur fasse faire du pain et des habits, car il a ses agents pour les vivres et l’habillement. Il passe des marchés pour la manutention, les fournitures, les transports; il surveille tout et ne fait riendirectement.

Que peut faire l’ordonnateur de la 12e division, sans garde-magasin, sans contrôleur, sans ouvriers ? Passerun marché avec un tailleur; mais qui le vérifiera ? C’est exiger d’un homme ce qui ne lui est pas possible, et il le fera mal. Votre prédécesseur avait agi de même; rien ne se faisait à Bordeaux ou se faisait mal. J’y ai établi un conseil d’administration, des gardes-magasins, des directeurs, etc. Les conseils d’administrationpourraient faire confectionner; les conseils des bataillons qui sont à l’île de et enfin le conseil du dépôtpeuvent le faire sous la surveillance des ordonnateurs, qui seront chargés de la vérification et d’ordonnancerles dépenses.