30 SEPTEMBRE 1805 : NAPOLÉON CRÉE LE RÉGIMENT DE LA TOUR D’AUVERGNE

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30 SEPTEMBRE 1805 : NAPOLÉON CRÉE LE RÉGIMENT DE LA TOUR D’AUVERGNE

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Settembre 30, 2022    
12:00 am

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Le 7 juillet 1803, Napoléon a l’idée de créer un corps composé d’hommes et d’officiers ayantcombattu avec les royalistes en Vendée, Il en soumet l’idée à Berthier

Ce projet est repris le 28 août 1805, dans une lettre écrite à Fouché depuis Boulogne: “il pourrait être utile de former un corps franc de volontaires de deux ou trois bataillons, et de donner ainsi de l’emploi à tous les chefs de bande qui ont fait la guerre civile et à d’autresindividus qui ont servi dans l’armée de Condé. Il faut savoir quel homme, ayant de l’influence, serait assez sûr pour en être le colonel, et quels hommes conviendraient pour les trois bataillons, les quinze capitaines et les trente lieutenants et sous lieutenants. Il est bien entendu qu’on n’admettrait dans ce corps aucune personne de l’âge de la conscription, ni d’un âge inférieur.”

Par décret du 8 vendémiaire an 14 (30 septembre 1805), Napoléon crée le régiment de La Tour d’Auvergne. Il est formé à Wissembourg avec des hommes de diverses nationalités, maisprincipalement de prisonniers de guerre autrichiens

Ce Décret précise
I. Il sera levé un régiment d’infanterie légère composé de trois bataillons. Il portera le nom de La Tour d’Auvergne.
II. Le sieur Godefroy de La Tour d’Auvergne est nomme colonel-commandant de ce corps.
III. Ce régiment aura la même organisation que l’infanterie légère de ligne. Le fond de son uniforme sera vert et sous tous les rapports conforme au modèle qui sera approuvé par le ministre directeur de l’administration de la guerre.
IV. Aucun homme de la conscription ou faisant partie d’un corps de troupe ne sera admis dansce régiment qui pourra recevoir des Allemands et autres étrangers.
V. Ce régiment formera le 1er corps d’une légion qui sera incessamment organisée et portera le nom de Légion allemande.

L’Empereur a choisi Godefroy Maurice Marie Joseph, Comte de la Tour d’Auvergne, commecolonel de ce régiment car, ancien émigré, il a gardé des relations étroites avec les royalistesqui pourraient fournir les officiers, la troupe et les sous-officiers devant être recrutés enAllemagne

A sa création, le régiment est divisé, sur le modèle de l’infanterie légère, en 3 bataillons, avecun effectif théorique de 2 500 hommes. Chaque bataillon comprend 6 compagnies dont deuxd’élite, une compagnie de carabiniers (équivalent des grenadiers dans l’infanterie de ligne), une de voltigeurs et 4 compagnies de chasseurs.

En 1806, le régiment de La Tour d’Auvergne est dirigé vers le royaume de Naples, Godefroy de La Tour d’Auvergne mêne grand train de vie, loin de son régiment, pendant plusieurs mois, l’Empereur excédé, écrit, le 8 décembre 1808, depuis Madrid, au GénéralClarke, Ministre de la Guerre: “Le colonel du régiment de La Tour d’Auvergne est incapable de commander ce régiment, nommez un autre colonel…  Il sera remplacé le 13 février 1809 par Louis Pierre Milcolombe Drummond. Le régiment combattra en Calabre jusqu’en 1812.

En 1809, un 4e bataillon est formé à Belfort, toujours avec des prisonniers de guerre autrichiens. Ce bataillon est envoyé en Catalogne, et rejoint les autres bataillons dans le royaume de Naples en 1811. Un 5e et un 6e bataillons sont créés au moyen de prisonniers de guerre espagnols le 4 août 1811 

Le 11 août 1811, le régiment, commandé par le colonel Jean-Baptiste Danlion prend le nom de 1er régiment étranger. A la fin de 1813, les deux premiers bataillons sont épargnés par la décision de désarmer les troupes étrangères. Les quatre autres forment un bataillon de pionniers. Le régiment est finalement dissout le 2 mai 1815.
 

• Un scandale dans le régiment de la tour d’Auvergne:


En1806, il est chuchoté que le colonel et le lieutenant colonel Louis Charles Sicaud de Mariole, familier des Tascher, demanderaient de l’argent pour nommer les officiers. Il leur seraitdemandé de 5000 à 15000 francs. Un Cadet de l’Ecole militaire de Fontainebleau l’avait mêmeécrit à sa famille.

Tout cela passe par Sicaud de Mariole, qui en tient régulièrement informé son colonel. Débusqué, à son idée par Charles Marie Robert d’Escorches de Sainte Croix, chef du 1er bataillon, il accuse celui-ci de complicité pour se venger. Sainte Croix le provoque en duel et le tue, mais les partisans de Mariole affirment que Sainte-Croix, alors que son adversaire blesséétait couché au sol, aurait tiré une seconde fois, ce qui le rendrait coupable de meurtre. Sainte-Croix est immédiatement arrêté.

Le 7 mai 1806, l’Empereur, à Saint-Cloud, écrit, à Fouché: “J’entends beaucoup de tripotagessur le régiment de la Tour d’Auvergne. Prenez des renseignements et faites-moi connaître ce que cela veut dire. Rendez-moi aussi compte du duel qui a eu lieu”.

Fouché demande alors à chaque officier d’indiquer, sous serment, comment il a été nommé et d’avouer s’il a versé de l’argent. Les officiers qui ont payé déclarent tous avoir versé de l’argentà Mariole, Alors que ceux présentés par Sainte-Croix n’ont été admis que sur la base de leursétats de services. Sainte-Croix affirmant que “l’épaulette se donnait mais ne se payait pas”, est aussitôt relâché et lavé de toute accusation. Il sera promu Général de Brigade le 21 juillet 1809, et trouvera la mort au Portugal, en 1810, sous Masséna.

A partir du 29 juillet 1806 ce sera l’Empereur qui nommera directement les officiers de ce régiment