22 NOVEMBRE 1787 : LE PREMIER CONTACT FÉMININ DE BONAPARTE…

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22 NOVEMBRE 1787 : LE PREMIER CONTACT FÉMININ DE BONAPARTE…

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Novembre 22, 2022    
12:00 am

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L’illustration représente Bonaparte et Caroline à Valence, voyez leur histoire en fin de post.

 

Bonaparte, sous-lieutenant d’artillerie, revenu à Paris treize jours plus tôt, d’un congé de six mois en Corse, aborde, par un froid glacial, au jardin du Palais-Royal, une jeune “castor”, Melle Deschamps…

 

  • Lisons ce qu’en écrit Frédéric Masson, dans “Napoléon et les femmes”:

 

“Jeudi, 22 novembre 1787, à Paris. Hôtel de Cherbourg, rue du Four Saint-Honoré. Je sortais des Italiens et me promenais à grands pas sur les allées du Palais-Royal. Mon âme, agitée par les sentiments vigoureux qui la caractérisent, me faisait supporter le froid avec indifférence; mais, l’imagination refroidie, je sentis les ardeurs de la saison et gagnai les galeries. J’étais sur le seuil de ces portes de fer quand mes regards errèrent sur une personne du sexe.

 

L’heure, sa taille, sa grande jeunesse ne me firent pas douter qu’elle ne fût une fille. Je la regardais. Elle s’arrêta, non pas avec cet air grenadier, mais avec un air convenant parfaitement à l’allure de sa personne. Ce rapport me frappa. Sa timidité m’encouragea et je lui parlai… Je lui parlai, moi qui, pénétré plus que personne de l’odieux de son état, me crois toujours souillé par un seul regard !…

 

Mais son teint pâle, son physique faible, son organe doux ne me firent pas un moment en suspens. Ou c’est, me dis-je, une personne qui me sera utile à l’observation que je veux faire, ou elle n’est qu’une bûche.

 

-Vous aurez bien froid, lui dis-je: comment pouvez-vous vous résoudre à passer dans les allées ?

– Ah monsieur, l’espoir m’anime, il faut terminer ma soirée.

L’indifférence avec laquelle elle prononça ces mots, le systématique de cette réponse me gagna, et je passai avec elle.

– Vous avez l’air d’une constitution bien faible, je suis étonné que vous ne soyez pas fatiguée du métier.

– Ah ! dame, monsieur, il faut bien faire quelque chose.

– Cela peut être, mais n’y a-t-il pas de métier plus propre à votre santé?

– Non, monsieur: il faut vivre.

Je fus enchanté. Je vis qu’elle me répondait, au moins, succès qui n’avait pas couronné toutes les tentatives que j’avais faites.

– Il faut que vous soyez de quelques pays septentrionaux, car vous bravez le froid.

– Je suis de Nantes en Bretagne.

– Je connais ce pays-là… Il faut, Mad. (sic) que vous me fassiez le plaisir de me raconter l’histoire de la perte de votre P…

– C’est un officier qui me l’a pris.

– En êtes-vous fâchée ?

– Oh ! oui, je vous en réponds. – Sa voix prenait une saveur, une onction que je n’avais pas encore remarquées. – Je vous en réponds: ma sœur est bien établie actuellement; pourquoi l’eus-je pas été ?

– Comment êtes-vous venue à Paris ?

– L’officier qui m’avilit, que je déteste, m’abandonna. Il fallut fuir l’indignation d’une mère. Un second se présenta, me conduisit à Paris, m’abandonna, et un troisième, avec lequel je viens de vivre trois ans, lui a succédé. Quoique Français, les affaires l’ont appelé à Londres, et il y est. Allons chez vous.

Mais qu’y ferons-nous ?

Allons, nous nous chaufferons et vous assouvirez votre plaisir.

 

J’étais bien loin de devenir scrupuleux. Je l’avais agacée pour qu’elle ne se sauvait pas quand elle serait pressée par le raisonnement que je lui préparais en contrefaisant une honnêteté que je voulais lui prouver ne pas avoir… ”

 

Le jour qu’il écrit ce récit, Bonaparte a dix-huit ans et trois mois, étant né le 15 août 1769. L’on a le droit de croire que c’est là la première femme à laquelle il se soit adressé, et, en repassant très rapidement l’histoire de son enfance, on trouvera sans doute que les motifs de conviction sont suffisants. Lui-même en a inscrit les dates frappantes, et, de ces dates, celles qu’on a pu vérifier se sont trouvées d’une exactitude absolue.

 

  • Bonaparte et Caroline à Valence

 

Et à Valence, en 1785, où il est cantonné avec son régiment, le jeune lieutenant Bonaparte, âgé alors de 17 ans, présenté à la bonne société, tombe alors amoureux de Caroline du Colombier, de 7 ans son ainée (notre illustration).

 

Caroline et Bonaparte resteront en lien épistolaire et 25 ans plus tard, devenu empereur, il lui offrira une bague au chaton ovale ciselé de feuillages présentant sous verre une scène en ivoire très finement ciselée en relief représentant au premier plan un homme et une femme lors d’une cueillette des cerises, à côté d’un temple antique, sur fond d’ivoire marin peint en grisaille.

 

Cette bague, acquise par l’association Bonaparte à Valence, présidée par jean-Claude Banc, a fait son retour en terre valentinoise.

 

L’histoire d’amour de Napoléon et Caroline était restée platonique, comme le décrit l’Empereur dans ses écrits de Sainte-Hélène. “On n’eut pas su être plus innocents que nous; je me souviens encore d’un matin piquant, au milieu de l’été, au point du jour; on le croira avec peine, tout notre bonheur se réduisit à manger des cerises ensemble”.