21 SEPTEMBRE 1822 : LES QUATRE SERGENTS DE LA ROCHELLE SONT GUILLOTINÉS

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21 SEPTEMBRE 1822 : LES QUATRE SERGENTS DE LA ROCHELLE SONT GUILLOTINÉS

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Settembre 21, 2022    
12:00 am

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Le 21 septembre 1822, quatre jeunes soldats bonapartistes, connussous le nom desquatre sergents de La Rochelle” sont guillotinés, en place de Grève, pour avoir conspiré contre le régime.

Jean-François Bories, 26 ans, Jean-Joseph Pomier, 25 ans, Marius-Claude Raoulx, 24 ans et Charles Goubin, 20 ans, font partie du45e régiment de ligne, dirigé par un ancien émigré, qui a remplacépar des royaliste tous les anciens capitaines de l’Empire, malgrél’hostilité des sous-officiers, restés nostalgiques de l’époque napoléonienne.

Le 45e régiment d’infanterie, stationné à Paris, en plein quartier latin, avec ses étudiants frondeurs, a, selon ses officiers, mauvaisesprit: les soldats refusent absolument de crier “Vive le Roi”. De plus s’y est développée une “vente”, cellule de la Charbonneriefrançaise, patronnée entre-autres par Lafayette avec Edgar Quinet, Augustin Thierry, Victor Cousin, ainsi que des officiers demi-soldes de l’armée impériale et des républicains sincères. La plupartdes sous-officiers y ont adhéré, en particularité Jean-François Bories, Jean-Joseph Pomier, Marius-Claude Raoulx, et Charles Goubin, et de nombreux soldats, tous prêts pour une insurrection.

Pour toutes ces raisons, en janvier 1822, le 45e régimentd’infanterie est envoyé à la Rochelle. Sur la route, les quatre sergents, aux propos un peu hauts, sont repérés. A Orléans, Bories, le meneur, est arrêté après une rixe et est incarcéré à la tour de la Lanterne de La Rochelle.

Le 23 février, le général Berton établit un gouvernementprovisoire à Thouars, marche sur Saumur, et tente sans succès un soulèvement militaire, mais le 45e régiment, sans Bories, ne suitpas. Pomier, qui depuis l’emprisonnement de Bories, a pris les rennes de la “vente”, est arrêté à son tour en mars. Un autresergent, Auguste Goupillon, tente de le faire évader, mais, repéré, menacé, il livre par écrit les noms des conjurés du 45e régiment, qui sont aussitôt incarcérés.

A Paris, du 21 août au 5 septembre 1822, auprès de la courd’assises de la Seine, a lieu, évènement politique majeur, leurprocès. On juge les quatre sergents et vingt et un autres soldats, accusés de complot contre la monarchie. La plupart refusentformellement de de dénoncer leurs chefs, ainsi qu’ils en avaientsolennellement fait serment lors de leur adhésion à la “vente”. 

Bories, Pomier, Goubin et Raoulx sont condamnés à mort, trois autres écopent de cinq ans de prison, un de trois ans, et trois de deux ans. Goupillon, qui les avait dénoncé, est acquitté.

Les quatre sergents sont transférés à Bicêtre avant leur exécution. Un projet d’évasion, fomenté par La Fayette, qui a réussi à réunir70000 francs pour corrompre le directeur de la prison, échoue

Le 21 septembre 1822, à Paris, en place de Grève, les quatresergents de la Rochelle sont guillotinés. Au dernier moment, on leur promet la vie sauve s’ils dénoncent leurs chefs. Ils refusent et montent les marches vers la guillotine en criant :Vive la liberté!”. 

Leur attitude héroïque et la lourde sentence alors qu’il n’avaientfait partie que d’une conjuration sans action réelle fera considérerles quatre sergents comme des héros et martyrs par l’opinionpublique, la jeunesse romantique et l’opposition, tant républicaineque bonapartiste.

Jean-François Bories, Jean-Joseph Pomier, Marius-Claude Raoulx, et Charles Goubin entreront dans la légende comme les Quatre Sergents de La Rochelle.